Simulateur Rupture Conventionnelle 2026 — Indemnité et Chômage

La rupture conventionnelle est un mode de rupture amiable du CDI, introduit par la loi du 25 juin 2008 (articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail). Elle permet à l'employeur et au salarié de convenir ensemble des conditions de la fin du contrat, dans un cadre sécurisé. Contrairement à la démission, la rupture conventionnelle ouvre systématiquement droit à l'allocation chômage (ARE), ce qui en fait l'option privilégiée des salariés souhaitant quitter leur emploi.

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis 1/3 au-delà. Cependant, cette indemnité est librement négociable à la hausse. En pratique, les salariés négocient souvent entre 25 % et 50 % de plus que le minimum légal, selon leur pouvoir de négociation, l'urgence de l'employeur et le contexte économique.

La procédure comprend plusieurs étapes obligatoires : au moins un entretien préalable entre les parties, la signature d'une convention de rupture précisant la date de fin de contrat et le montant de l'indemnité, un délai de rétractation de 15 jours calendaires pendant lequel chaque partie peut revenir sur sa décision, puis une demande d'homologation auprès de la DREETS qui dispose de 15 jours ouvrables pour valider. Le silence de la DREETS vaut acceptation.

Depuis 2023, l'employeur est redevable d'un forfait social de 30 % sur le montant de l'indemnité de rupture conventionnelle (remplaçant l'ancien régime différencié selon l'âge du salarié). Ce coût supplémentaire est un argument de négociation fréquent. L'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant légal ou conventionnel, et exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS (92 736 € en 2026).

Notre simulateur estime l'indemnité minimale légale, l'ARE journalière et mensuelle attendue après la rupture, la durée d'indemnisation chômage selon votre âge, le forfait social à la charge de l'employeur et le plafond d'exonération sociale. Ces données vous permettent d'aborder la négociation avec votre employeur en toute connaissance de cause.

Votre situation

Indemnité minimale

3 750 €

Indemnité légale de rupture conventionnelle

Ancienneté totale5,0 ans
Indemnité en mois de salaire1,25 mois
ARE mensuelle estimée1 687 €
Durée ARE24 mois
Forfait social employeur0 €
Vous pouvez négocier une indemnité supérieure au minimum légal. L'indemnité affichée est le plancher légal.
La rupture conventionnelle ouvre droit au chômage (ARE). Vous êtes éligible dès la fin du différé d'indemnisation.

Définitions des termes clés

Créé en · Mis à jour le

Rupture conventionnelle
Mode de rupture amiable du CDI créé par la loi du 25 juin 2008 (articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail), négocié entre employeur et salarié. Ouvre systématiquement droit au chômage (ARE).
Forfait social
Contribution de 30 % à la charge exclusive de l'employeur sur les indemnités de rupture conventionnelle, applicable depuis 2023 quel que soit l'âge du salarié.
Homologation DREETS
Validation obligatoire par la Direction Régionale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités, dans un délai de 15 jours ouvrables. Le silence vaut acceptation.
Délai de rétractation
Période incompressible de 15 jours calendaires suivant la signature, pendant laquelle chaque partie peut revenir sur sa décision sans motif, par lettre recommandée ou remise en main propre.
Indemnité supra-légale
Part de l'indemnité négociée au-delà du minimum légal de licenciement. Soumise à un régime fiscal et social spécifique et génère un différé d'indemnisation chômage.
PASS (exonération)
L'indemnité de rupture conventionnelle est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS (92 736 € en 2026). Au-delà, soumise aux cotisations comme un revenu classique.

Formule indemnité de rupture conventionnelle

Indemnité minimale (≤ 10 ans) : Indemnité = Salaire × Ancienneté × 1/4 Même formule que l'indemnité légale de licenciement | Négociable à la hausse

Indemnité minimale (> 10 ans) : Indemnité = (Salaire × 10 × 1/4) + (Salaire × (Ancienneté − 10) × 1/3) Ex : 12 ans × 3 500 € = 8 750 + 2 333 = 11 083 €

Forfait social employeur : Forfait = Indemnité versée × 30 % À la charge exclusive de l'employeur depuis 2023 | Ex : 3 750 € d'indemnité → 1 125 € de forfait

Plafond d'exonération sociale : Exonération = min(Indemnité, 2 × PASS) 2 × PASS 2026 = 92 736 € | Au-delà, soumis à cotisations sociales et CSG/CRDS

ARE estimée après rupture : ARE = max(40,4 % × SJR + 12,95 € ; 57 % × SJR) SJR = (Salaire brut × 12) / 365 | Même calcul que pour tout demandeur d'emploi

Exemples de rupture conventionnelle

  • Indemnité minimum pour 3 ans, 2 500 €/mois~1 875 € (0,75 mois)
  • Indemnité minimum pour 5 ans, 3 000 €/mois~3 750 € (1,25 mois)
  • Indemnité minimum pour 8 ans, 3 000 €/mois~6 000 € (2,0 mois)
  • Indemnité minimum pour 12 ans, 3 500 €/mois~11 083 € (3,17 mois)
  • Indemnité minimum pour 20 ans, 4 000 €/mois~23 333 € (5,83 mois)
  • Forfait social employeur (2026)30 % sur l'indemnité versée (ex: 3 750 € → 1 125 € de forfait)
  • Droit au chômage après rupture conventionnelle ?Oui, éligible à l'ARE dès la fin du différé de carence
  • Délai total de la procédure~45 jours minimum (entretien + 15j rétractation + 15j homologation)
  • Peut-on négocier au-delà du minimum ?Oui, +25 à 50 % en moyenne dans la pratique

Utilisez le simulateur ci-dessous pour un calcul personnalisé

Guide complet — Rupture conventionnelle 2026

Comment utiliser ce simulateur

  1. Étape 1 : Saisissez votre salaire brut mensuel (base du calcul de l'indemnité et de l'ARE)
  2. Étape 2 : Indiquez votre ancienneté en années et mois dans l'entreprise
  3. Étape 3 : Renseignez votre âge (il détermine la durée maximale de l'ARE)
  4. Étape 4 : Consultez l'indemnité minimale, l'ARE estimée et le forfait social employeur
  5. Étape 5 : Utilisez ces données comme base de négociation avec votre employeur

Procédure légale de la rupture conventionnelle

  1. Entretien(s) préalable(s) : au moins un entretien obligatoire entre le salarié et l'employeur. Le salarié peut se faire assister par un représentant du personnel ou un conseiller
  2. Signature de la convention : document CERFA précisant la date de fin de contrat et le montant de l'indemnité. Les deux parties reçoivent un exemplaire
  3. Délai de rétractation : 15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature. Chaque partie peut se rétracter sans motif par lettre recommandée ou remise en main propre
  4. Demande d'homologation : envoi du formulaire à la DREETS (ex-DIRECCTE) dès le lendemain du dernier jour du délai de rétractation
  5. Instruction DREETS : 15 jours ouvrables pour vérifier la liberté de consentement et le respect de la procédure. Silence = acceptation
  6. Fin du contrat : à la date convenue dans la convention, au plus tôt le lendemain de l'homologation

Points clés de la négociation

  • Indemnité minimum : identique à l'indemnité légale de licenciement (1/4 mois × année ≤ 10 ans, 1/3 au-delà)
  • Marge de négociation : en pratique, les indemnités négociées dépassent le minimum de 25 à 50 % en moyenne
  • Arguments employeur : gain en souplesse, pas de préavis à exécuter, évite un contentieux prud'homal
  • Arguments salarié : droit au chômage garanti, indemnité exonérée d'IR, liberté de choix du timing
  • Date de fin : négociable — permet de planifier sa transition professionnelle (formation, création d'entreprise)

Fiscalité et charges sociales

  • Forfait social employeur : 30 % sur l'intégralité de l'indemnité versée, à la charge exclusive de l'employeur (depuis 2023)
  • Exonération IR salarié : l'indemnité est exonérée d'IR dans la limite du montant légal ou conventionnel
  • Exonération cotisations sociales : dans la limite de 2 PASS (92 736 € en 2026) ou du montant légal/conventionnel
  • CSG/CRDS : exonérées dans la même limite que les cotisations sociales
  • Au-delà des plafonds : l'excédent est soumis à l'IR et aux cotisations comme un revenu classique

Droit au chômage après rupture conventionnelle

  • Éligibilité : la rupture conventionnelle ouvre systématiquement droit à l'ARE, sans condition de motif
  • Inscription : s'inscrire à France Travail dès le lendemain de la fin du contrat
  • Délai de carence : 7 jours + différé congés payés + différé spécifique (indemnité supra-légale ÷ 102,4, plafonné à 150 jours)
  • Montant ARE : calculé sur le SJR comme pour tout demandeur d'emploi (57 % du SJR ou 40,4 % + 12,95 €)
  • Durée : jusqu'à 24 mois (< 53 ans), 30 mois (53-54 ans) ou 36 mois (≥ 55 ans)

En résumé

La rupture conventionnelle est le mode de séparation le plus souple et le plus sécurisé pour les deux parties. L'indemnité minimale suit le calcul du licenciement mais est négociable à la hausse. Elle ouvre droit au chômage, ce qui la distingue fondamentalement de la démission. Utilisez notre simulateur pour connaître le montant plancher et l'ARE attendue, puis négociez en connaissance de cause.

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Sources & références